Espoc gris de la Nordsee #occitan #Allemagne #famille

Espoc gris de la Nordsee

*

Wiebke, ton pichon nom coma sens

cara. Ta mainada tan nombrósa

retrobada sus un aubre

sépia: Heinrich, Walter, Werner,

Willy, Heinz, Erika, Gertrud, e

Anneliese, la mia grand.

*

Wiebke, te saber nascuda a las bòrnas

de l’Euròpa e de las mars, quasi insulari.

Espoc gris de la Nordsee, marèias

d’immens, ostals

mirgalhats, flaira de nau

e de sau. Mans

encoissinadas dels òmes,

chalutièrs e merluça,

pimparèlas timidas tartalhant

la prima.

*

Mai que mai, aguères

fam.

Wiebke, te somiar drolleta

meravilhada de solelh,

endimenjada davant brica

sorna de la glèisa, en aquesta

Alemanha encara verge

dels infèrns. Imaginar

t’abraçar davant

èrsa tendra.

*

Non pas

te desbrembar.

Heini, le premier fils de Wiebke…

*

Embruns gris de la Nordsee

*

Wiebke, ton prénom presque sans

visage. Tes enfants si nombreux

retrouvés sur un arbre

sépia: Heinrich, Walter, Werner,

Willy, Heinz, Erika, Gertrud, et

Anneliese, ma grand-mère.

*

Wiebke, te savoir née aux confins

de l’Europe et des mers, presqu’insulaire.

Embruns gris de la Nordsee, marées

d’immenses, maisons

bigarrées, odeurs de nacelles

et de sel. Mains

calleuses des hommes,

chalutiers et morue,

pâquerettes timides balbutiant

le printemps.

*

Souvent, tu as

eu faim.

Wiebke, te rêver enfant

émerveillée de soleil,

endimanchée devant brique

sombre de l’église, dans cette

Allemagne encore vierge

des enfers. Imaginer

t’embrasser devant

vagues tendres

*

Ne pas

t’oublier.

Anneliese, ma merveilleuse grand-mère, et son époux, son Erich adoré.
Husum - Die graue Stadt am Meer | Hafenstimmung | malp007 | Flickr

Je porte en moi souvent mille juifs qui suffoquent #SarahHalimi #Shoah #antisémitisme

Affaire Sarah Halimi et plainte en Israël : « On a délaissé la raison » -  Le Point

Je porte en moi souvent mille Juifs qui suffoquent,
Et tant de matins blancs que déchirent leurs cris.
Tous ces appels glacés, ces visages enfuis,
C’est comme un souvenir dont tant de gens se moquent.

Ceux qui me disent allons, la Shoah, c’est fini !
Regarde un peu l’Afrique, et tous les naufragés,
Et puis tous ces enfants qui sont morts en Syrie,
Sans parler de Gaza et de ses sacrifiés…

Mais très obstinément, comme un grand vent de plaine,
Je les entends mugir, vociférer leurs haines,
Et je les sens souvent, les barbares affamés,

Roder autour de nous qu’ils voient en proies faciles,
Car oui le Juif c’est nous, c’est toi, c’est le Fragile :
Celui que le Nazi pour toujours veut traquer.

Merci à Pascal Huvet pour la bouleversante lecture de ce texte:

Un lien vers ses vidéos poétiques:
https://www.youtube.com/channel/UCx28fBypOjuy2zxLeY6zIZA

Image
24 April 1937 | A Czech Jewish girl, Eva Neuová, was born in Prague. In #Theresienstadt Ghetto from 17 December 1941. On 18 December 1943 she was deported to #Auschwitz with her parents: Emil and Markéta. None of them survived. (Source: http://auschwitz.org/en/ )
Image
22 April 1932 | A Belgian Jewish girl, Paulette Liliane, Buschel, was born in Antwerp. In 1943 she was deported to #Auschwitz and murdered in a gas chamber. (Source: http://auschwitz.org/en/ )
Le meurtrier de Sarah Halimi ne sera pas jugé : six questions sur un  dossier sensible - Le Parisien

Et soudain la cascade #JournéedelaTerre #écologie #réchauffementclimatique

Humus et sentes sombres gorgées de

mousses,

forêts en résonnance animale.

Touffeurs de jungles, cris déchirants

la canopée.

Splendeur de l’orchidée, témoin millénaire, ses

fastes en flamboyance intemporelle,

et soudain la cascade,

ses eaux-torrents fumantes,

calumet de la paix des roches et des

lianes.

Terreau matriciel des plantes

chamanes. Au fleuve infini, des pépites

d’or scintillent en innocence.

(Cycle « Avant les hommes »)

On dit que les Inuits #JournéedelaTerre #écologie #changementclimatique

Les Inuits

On dit que les Inuits possèdent des centaines de mots

pour dire

la neige.

Là où notre neige est simple comme

un drap immaculé,

les habitants de l’Arctique ont nommé

l’indicible, le fragile, l’intangible du flocon et

du crissement sous les peaux de phoque.

On dit que la France possède des centaines de libertés

pour dire

les droits de l’homme.

Pourtant, là où la démocratie devrait être lumineuse comme

la fraternité,

nos enfants ne savent plus ressentir ni partager

la blancheur, la candeur des innocences,

perdus

au milieu des incivilités, des insultes, des fanges belliqueuses des puissants ou

des faibles.

Je rêve de ce jour où nous serions tous à nouveau

les enfants de la Terre, goûtant de la langue les flocons

attendus et sachant en allégresse

faire cercle et méridien.

Inuit Banque d'images et photos libres de droit - iStock

D’autres textes, consacrés aux peuples anciens, aux tribus disparues ou dévastées, parsèment encore ce recueil que vous trouverez sur Amazon et qui cherche un éditeur…

« Paru à l’occasion de la Journée de la Terre, le recueil de poésies de Sabine Aussenac est une offrande à la mémoire des hommes et de leur planète qui agonise. Dans une langue épurée, l’auteur évoque ces tribus disparues, mais aussi les cicatrices que la Nature exacerbée inflige à notre humanité à la dérive. Entre allégresse solaire et déserts erratiques, ces chants tutélaires des tribus rassemblées résonneront à vos cœurs comme un tambour des retrouvailles. »

Les enfants du paradis #printempsdespoètes #désir #amour

Nous serons les enfants du silence
Nos hurlements muets deviendront innocence
Au gibet des lépreux nous brûlerons vestiges
De tous ces gens peureux qui détestent vertiges

Nous serons les enfants de la balle
Saltimbanque amoureux tu béniras vestale
Bohémiens des exploits éternels chapardeurs
Nous serons des renards en poulaillers farceurs

Nous serons les enfants de la lune
Nos nuits aux couleurs d’ambre auront goût de soleil
En ma chevelure rousse blonde ou brune
Tu poseras si tendre des caresses de miel

Nous serons les enfants des tempêtes
En ouragans intimes emportés par les vents
Notre vie distillée aura cet air de fête
Quand j’aurai disparu tu riras en chantant

Nous serons les enfants du bonheur
Curieux des extrêmes intrépides brasiers
Virevoltants d’amour de joie et d’amitié
Affamés et joyeux sous cerisiers en fleurs

Nous serons les enfants du miracle
Nos années effacées par philtre de sorcière
Paraîtront mausolées aux mille barrières
Mais une seule étreinte en fera tabernacle

Nous serons les enfants du paradis
Je serai ta Garance immortelle Arletty
Et toi mon Baptiste mon éternel Jean-Louis
Tu seras « l’atmosphère » de ma nouvelle vie.

Dans la chambre illicite #printempsdespoètes #LeDésir #amour

Dans la chambre illicite un parfum d’inconnu
Parsème de douceurs des draps ensommeillés
Nul ne sait si la neige parviendra à l’été
Mais il devient le maître et elle est l’ingénue

Dans la chambre interdite aux couleurs d’infini
Il n’y a plus d’espaces à mesure des jours
C’est le livre des heures c’est le mois de Marie
Ils l’ont tant attendu ce rendez vous d’amour

Dans la chambre sauvage où hurle le silence
Elle le mord il la prend il la tient et elle danse
C’est un ballet immense une lutte d’amants
Leur douceur n’a d’égale que leurs jeux indécents

Dans la chambre apaisée aux mille soies torrides
Ils se touchent enivrés en de longs corps à corps
Leurs caresses miellées deviennent un corps accord
En leurs souffles mêlés le réel est frigide

Dans la chambre permise l’amour aura gagné
Lorsque l’on vit ses rêves ils en deviennent vrais
Capri n’est qu’un début pour deux amants qui s’aiment
Leur amour si puissant vaincra tout anathème.

(Et pour lire d’autres poèmes mon site http://www.poesie-sabine-aussenac.com )

Garder la lumière


Aline Korenbajzer, déportée et assassinée à Auschwitz-Birkenau, le 31 août 1942, le jour de ses 3 ans…

Ne pas oublier

barbaries indicibles.

Garder la lumière.

忘れないで

言葉にならない野蛮人。

光を保ちなさい。

Wasurenaide

Kotoba ni naranai yaban hito.

Hikari o tamochi nasai.

Journée de la terre!

Une conférence pour changer le monde, un sommet de la terre, et quelques poèmes pour en dire la beauté primitive et essentielle.

Mais aussi et surtout les blessures infligées par l’Homme, devenues ouragans et tornades, tempêtes et tsunamis, incendies, explosions nucléaires et dévastations…

Il n’est jamais trop tard. Martin Luther disait qu’à la veille de la fin du monde il planterait néanmoins un pommier en son jardin. Agissons !
Ensemble, nous serons.

Chants tutélaires des tribus rassemblées

Longtemps, ils s’étaient couchés de

bonne heure, quand barrissaient

bêtes des forêts

émeraude. Puis vint

le feu.

Liberté adoubée aux grottes,

bisons et sanguines.

Au ventre rond

des femmes, l’Humanité

s’éveille.

Chants tutélaires des tribus rassemblées.

Le jazz est mort

Bayou balayé. Des eaux fourbes serpentent

en chantant. La vague déchire

alligators éventrés avant de

déguster la Ville.

Scarlett inachevée pleure sa Louisiane

noyée. Le jazz est

mort. Ouragan mélomane,

et chimie dans les

ports.

Et l’Arctique frissonne

Vois le trou rougi ! Tu te

penches, mais nul phoque n’y meurt. Ta banquise

a fondu

et l’Arctique frissonne.

Alcools, rennes perdus des innocences, les igloos

te regardent, eskimo boréal qui

boit au lait d’un Cercle devenu fou.

La Canopée, cantatrice chauve

Le fleuve lisse avale les lianes

des mémoires.

Orpailleurs vilipendent les terres

calcinées, la Canopée, cantatrice chauve,

surplombe les silences.

Un hamac balance ta tristesse

aux seins lourds.

Vie poisseuse au vert émeraude des temps

enfuis.

Sur des haïkus déserts

Delta et source

en un même

chagrin. Yeux vides

des mères. La vague a laissé cerfs-volants

aux branches énuclées.

Saumâtres, les âmes

mortes geignent au Tsunami.

La fleur de cerisier flotte, seule,

sur des haïkus déserts.

Dans les bouleaux déchus

Des sapins au corps tordu se convulsent

de haine. Silence des écureuils.

Sibérie des silos esseulés,

légumes dégénérés, enfants nés sans

tête.

La Centrale perle ses eaux mortes en

neige avariée.

Les femmes n’engendrent plus que ce vent obscène

venu pleurer dans

les bouleaux

déchus.

Le bush se contorsionne

Flammes, feux-follets des enfers,

le bush se contorsionne.

Un diable de Tasmanie se consume, des kangourous

fondus, fumerolles funestes,

fuient Lucifer.

Soleil darde sa mort, peaux

laiteuses des surfeurs, bientôt parcheminées

de scories

cancéreuses. L’arborigène

pleure, la terre rouge plie.

En Vendée orpheline

Lucioles au marais, feux-follets

comme un phare. Pré salé des

roses trémières,

Ré, ta blancheur.

La tempête a gonflé les maisons

apeurées. Enfançons

surpris hurlent en eau saumâtre.

En Vendée orpheline, un vieux Chouan

a pleuré.

Ces vers en peupleraie

Farandoles des tribus,

guirlande de

peuplades, comme accrochées à l’arc-en-ciel

des temps.

Terre, alma mater souillée de nos

violences, ton climat

derviche tourneur,

comme en vengeance.

Toujours je dirai

tes beautés, hommage aux

ancêtres innocents.

Granit des souvenances, ces vers

en peupleraie, au halo des lumières.

D’autres textes, consacrés aux peuples anciens, aux tribus disparues ou dévastées, parsèment encore ce recueil que vous trouverez sur Amazon et qui cherche un éditeur…

« Paru à l’occasion de la Journée de la Terre, le recueil de poésies de Sabine Aussenac est une offrande à la mémoire des hommes et de leur planète qui agonise. Dans une langue épurée, l’auteur évoque ces tribus disparues, mais aussi les cicatrices que la Nature exacerbée inflige à notre humanité à la dérive. Entre allégresse solaire et déserts erratiques, ces chants tutélaires des tribus rassemblées résonneront à vos cœurs comme un tambour des retrouvailles. »

Mais j’aime trop les hirondelles…

J’aurais tellement rêvé de vivre simplement
En grande terre battue par les vents
Mère nourricière et femme souvent
Aimée aimante pleine d’allant
Une vie calme ponctuée de matins
De certitudes en lendemains
Horloge comtoise ami ricoré
Tout semblerait publicité
Rien n’irait jamais de travers
Même le bonheur serait offert
Les ritournelles seraient si belles
Mais j’aime trop les hirondelles…

Ma vie déteste les heures creuses
Mes trains ont toujours du retard
Que je sois baronne ou bien gueuse
Mes maris ne sont que des soudards
Et je m’en vais au fil des rêves
Boitillante et éclopée
Ma lampe n’éclaire que les mystères
Je déteste médiocrité
Encore perdu pantoufle de vair
Cendrillon va se rhabiller
Elle ne commet que des impairs
Je n’aime pas les contes de fées…

Ah si j’étais une autre
Je vivrais en pavillon
Ferais mon pain en farine d’épeautre
Et serais moins papillon
Mes enfants blonds seraient très sages
Mon banquier serait un ami
Ma vie ne ferait pas naufrage
Le bonheur pas éternel pari
Moi j’aime trop le chocolat
Vivre rire manger aimer
Forcément j’ai parfois la tête en bas
À force de tout retourner…

30/07/2008

Garder les yeux ouverts

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=70836&forum=2

Garder les yeux ouverts
Ne jamais toucher terre
Ne jamais renoncer
Toujours folies garder
Tu t’en souviendras bien
De ne pas t’immoler
Sur l’autel des médiocres
Et des compromissions
Je te veux révolté jusqu’à ton dernier souffle
Je te veux passionné et toujours des plus beaux
Tu ne t’occiras point en vile pacotille
Tu ne resteras pas au carrefour des gris
Toujours tu hanteras le cœur de mille filles
Je te veux fier et fort et toujours dans ma vie
Garder tes yeux ouverts
Voir le beau et la terre
Aimer l’art la passion
Les amours les maisons
Et reconstruire encore
Même après les tempêtes
Pour savoir redresser et ton âme et la tête
Hauts les cœurs mon amour
Je serai là toujours
Garder les yeux ouverts
Ne pas baisser les bras
Savoir que la lumière luit tout au fond des bois
Te faire feu follet
Et luciole aiguisée
Hanter les nuits toujours mais savoir éveiller
Des aubes aux crépuscules tous nos sens à aimer
Tu resteras celui qui veille et qui attise
Les feux dans l’âtre tendre malgré tourments et bises
Garder nos yeux ouverts
Nous comprendre sans voix
Etre là à l’instant traverser les immenses
Ne jamais se quitter se haïr se fêler
Nous serons immortels comme neige au sommet
Nos tendresses infinies nous vaudront mille transes
Garder les yeux ouverts
Etre celui qui lutte
Ne pas se contenter de palais ou de hutte
Faire ce long chemin
Avancer 
Découvrir
Ne jamais vivre au coin d’un feu inachevé
Battre tant de campagnes 
Que l’esprit devient fou
Nos châteaux en Espagne
N’appartiendront qu’à nous
Nous garder des malheurs
Toujours aimer la peur
Savoir que l’étincelle
Est ce qui nous distille
Je serai l’ambroisie de tes soirs enivrés
Et tu te feras miel au coin de bouche tendre
Je le dis je le hurle
A ceux qui veulent entendre
Aimons nous
Soyons fous
Regardons nous
Voyons nous
Ne faiblis non jamais
Ne deviens pas médiocre
Ne te compromets pas
Reste le loup des steppes
Et garde au loin la horde
Des faibles et des gueux 
Qui sèment les discordes
Que l’amour soit ton guide
Que la vie te soit force
Gardons les yeux ouverts
Aimons nous en lumière
Que ça brûle en plein jour
Que l’infinie tendresse
Nous soit incandescence
Regardons nos soleils
Brûlons nos ailes immenses
Je nous veux en Icare
Toujours recommencés
Soyons ceux qui éveillent
Soyons monts et merveilles

20/02/2009